PLOMB


PLOMB
PLOMB

Le plomb (symbole Pb, numéro atomique 82) constitue 0,014 p. 100 de la masse de la croûte terrestre, ce qui le place parmi les métaux industriels, entre le cuivre (0,035 p. 100) et l’étain (0,002 p. 100). On le trouve essentiellement sous forme de sulfure (PbS, galène), de carbonate (PbCO3, cérusite) ou de sulfate (PbSO4, anglésite), plus rarement de chromate (crocoïte) ou de molybdate (wulfénite). Principal minerai, la galène [cf. SULFURES ET SULFOSELS NATURELS] est souvent argentifère et accompagnée d’autres sulfures (blende, pyrite, notamment); il en résulte que la production annuelle de plomb et son prix sont relativement dépendants des fluctuations de l’offre et de la demande d’autres métaux. La production mondiale, répartie principalement entre l’Australie, le Canada, les États-Unis et le Mexique, était en 1991 de 3 340 000 tonnes. Les plus importantes réserves se trouveraient au Canada et en Australie. On utilise le plomb sous forme d’oxydes (accumulateurs) et sous forme métallique (tuyaux, feuilles, alliages pour soudure, alliages antifriction). Les composés organoplombiques (essentiellement le plomb tétraéthyle incorporé dans les carburants pour en améliorer les qualités antidétonantes) sont de loin, par le tonnage consommé annuellement, les plus importants des composés organométalliques.

1. Les gisements de plomb et zinc

Le plomb et le zinc se trouvent généralement associés, en proportions diverses, dans les mêmes gisements. À ces deux métaux principaux s’ajoutent souvent, en petites quantités (de quelques dizaines à quelques centaines de grammes par tonne de minerai), des métaux plus ou moins rares: argent, cadmium, gallium, indium, germanium; ces deux derniers ont acquis une importance considérable dans l’industrie électronique; le gallium est utilisé en optique infrarouge et dans les câbles à fibres de verre.

Le tableau présente les principaux pays producteurs de plomb et de zinc.

Le plomb et le zinc se trouvent très généralement dans la nature sous forme de sulfures: galène (PbS) et blende, ou sphalérite (ZnS). Des gisements de plomb et de zinc oxydés existent, mais ils sont le plus souvent de petite dimension; les minerais sont alors des carbonates et des silicates: cérusite (CO3Pb), anglésite (SO4Pb), smithsonite (CO3Zn), hydrozincite [2C3Zn, 3Zn (OH)2], calamine (SiO2, 2 ZnO, H2O), willénite (SiO2, 2 ZnO).

Les gisements de plomb et zinc sont multiformes; leur typologie est complexe. De manière relativement simplifiée, on peut distinguer les types de gisement qui suivent.

Les gisements situés dans une couverture sédimentaire carbonatée sans lien avec un magmatisme ou un volcanisme

Ces gisements sont eux-mêmes subdivisés en plusieurs sous-types, qui peuvent d’ailleurs coexister dans la même région, voire dans le même site. Ces gisements de types divers sont soit contemporains entre eux, soit d’âges différents et superposés stratigraphiquement. Les publications géologiques anglo-saxonnes les regroupent sous le nom de Mississippi Valley Type .

En simplifiant à l’extrême la classification de J.-G. Michaud (1988), on peut distinguer les sous-types suivants:

– les gisements associés à une paléogéographie de bordure continentale;

– les gisements associés à une paléogéographie de plate-forme carbonatée;

– les gisements associés à une faille majeure ou à un couloir structural.

Les premiers peuvent être soit parallèles aux strates, soit en poches de dissolution, soit en filons, ou même présenter ces trois morphologies dans le même gisement. De manière générale, les gisements stratiformes présentent des teneurs en plomb et zinc actuellement non économiques. Les amas de dissolution, en revanche, sont de tonnage limité mais à teneurs souvent assez élevées.

Les pièges paléogéographiques sont divers: failles synsédimentaires (flexures actives), hauts-fonds, bassins internes à sédimentation de caractère réducteur. Les amas minéralisés d’intérêt économique sont généralement situés sous une discontinuité majeure.

Enfin, on citera les filons de couverture, situés dans des cassures, le plus souvent aux environs d’une concentration stratiforme à faible teneur. Ces filons, de faible tonnage, ont cependant fourni des gisements économiquement intéressants.

Dans le cas des gisements associés à une paléogéographie de plate-forme carbonatée, gisements stratiformes et amas de dissolution peuvent là encore, coexister. Les premiers ne présentent pas d’intérêt économique. Les seconds sont situés au-dessus d’une discontinuité, souvent mineure, et les pièges sont structuraux (par exemple, intersection de deux directions tectoniques régionales) et paléogéographiques (biseautage, changement de faciès). Les amas se développent plutôt dans le sens horizontal; ils sont souvent à teneur exploitable.

Les gisements associés à une faille majeure ou à un couloir structural sont des amas de dissolution développés dans une formation préférentielle. Il y a donc à la fois développement horizontal des minéralisations le long de cette formation et développement vertical le long de l’accident. Les teneurs en plomb et zinc peuvent être élevées, si bien que, malgré des tonnages assez faibles, ces gisements présentent souvent un intérêt économique. On en citera quelques exemples d’importance mondiale.

Aux États-Unis, le Viburnum Trend (Missouri) est certainement le district qui contient actuellement les réserves maximales dans ce type: les différentes mines du district dépassent 230 millions de tonnes de minerai à 6 p. 100 de plomb et 1 p. 100 de zinc environ. Il s’agit d’amas stratiformes ou stratoïdes étagés du Cambrien supérieur à l’Ordovicien inférieur.

En Amérique du Sud, Cerro de Pasco (Pérou) renferme 61 millions de tonnes de minerai à 3,3 p. 100 de plomb et 7,9 p. 100 de zinc. Ce gisement présente des amas stratiformes et des amas de dissolution dans des dolomies du Trias inférieur, proches d’une faille majeure; la proximité d’une intrusion acide laisse toutefois planer un doute sur son appartenance à ce premier type. Au Brésil, le seul gisement important, Morro Agudo, est encaissé dans des dolomies du Précambrien supérieur; il possède 28 millions de tonnes de réserves de minerai à 1,5 p. 100 de plomb et 5 p. 100 de zinc.

En Australie, ce type de gisement a été peu exploré. On connaît cependant la zone de Halls Creek, au nord de l’Australie-Occidentale, avec plusieurs gisements de plusieurs millions de tonnes chacun, dont Blendevale, où les réserves se montent à 20 millions de tonnes à 2,4 p. 100 de plomb et 7,7 p. 100 de zinc.

En Europe, les gros gisements de ce type se situent en Espagne, avec Reocín, encaissé dans les dolomies de l’Aptien supérieur (Crétacé inférieur), qui contient environ 38 millions de tonnes de minerai à 0,8 p. 100 de plomb et 5,2 p. 100 de zinc, et Cartagène, un gisement très complexe présentant des amas dans le Paléozoïque, le Permo-Trias et le Miocène (en tout environ 40 millions de tonnes de réserves à 1 p. 100 de plomb et 2,3 p. 100 de zinc); en Irlande, avec Navan (26,5 millions de tonnes de réserves à 2,31 p. 100 de plomb et 9,3 p. 100 de zinc); en Pologne, où le district de Bytom, dans le Trias, représente 32 millions de tonnes de plomb et zinc métal . Enfin, dans l’ex-Union soviétique, d’importants gisements de ce type fournissent une grande partie de la production de plomb et de zinc: annuellement environ 385 000 tonnes de plomb métal et 340 000 tonnes de zinc métal proviennent du Kazakhstan, 110 000 tonnes de plomb métal et 82 000 tonnes de zinc métal du Caucase.

En Chine, on citera deux gisements: Tzuli, dans l’Ordovicien, et Fankou, dans le Dévonien supérieur.

En Afrique, enfin, le seul gisement d’importance comparable aux précédents est celui de Touissit-Bou Beker, au Maroc: il a produit 50 millions de tonnes de minerai à 2,7 p. 100 de plomb et 4,95 p. 100 de zinc.

Les gisements situés dans une couverture sédimentaire détritique, sans lien avec un magmatisme ou un volcanisme

Ces gisements sont associés à des faciès gréseux, conglomératiques ou arkosiques de peu de profondeur, en bordure continentale. À l’échelle du gisement, les concentrations métalliques sont distribuées selon les accidents paléogéographiques du socle sur lequel s’est déposée la série minéralisée: dômes, bassins, anciens chenaux, par exemple. Elles peuvent être situées à plusieurs niveaux dans une même formation. Ce type de gisement est plus connu pour le cuivre: c’est ce que l’on nomme communément le type Red Bed . Il est rarement exploitable économiquement pour le plomb et le zinc, du fait des cours actuels de ces deux métaux.

Le seul gisement important exploité de ce type est actuellement Laisvall, au nord de la Suède: la minéralisation est répartie en deux horizons gréseux, dans une série à shales et grès d’âge précambrien supérieur-cambrien en discordance sur un socle cristallin. Les réserves se montent à 25 millions de tonnes de minerai à 4,2 p. 100 de plomb et 1 p. 100 de zinc.

Un très gros gisement de ce type, mais à très basse teneur, a été récemment découvert en Australie-Occidentale: il s’agit de Jillawarra, dans le bassin Bangemall. Les amas se trouvent à la base d’une série détritique et carbonatée du Protérozoïque inférieur, au-dessus d’une discordance avec le socle archéen. Cet amas aurait 200 millions de tonnes à 2 p. 100 de plomb. Il ne peut pas être actuellement exploité de façon rentable.

De nombreux gisements de moyenne et petite dimension existent en Europe (Maubach et Mechernich en Allemagne; La Plagne, Largentière et Saint-Avold en France) et au Maroc (Boumia, Zeida). Les gisements français sont aujourd’hui fermés.

Les gisements en relation directe avec le volcanisme

Ces gisements sont stratoïdes, souvent en grande partie stratiformes, encaissés dans des séries volcaniques à volcano-sédimentaires stratifiées sous-marines. On trouve souvent au toit de ces gisements des formations à oxydes de fer et silice rubanées, et au mur des volcanites altérées contenant des stockwerks et des disséminations de sulfures qui représenteraient les cheminées fumerolliennes d’alimentation de l’amas sulfuré. On distingue généralement quatre types de gisements volcanogènes, selon la nature des roches encaissantes et la composition des minerais:

– les amas à pyrite galène-blende et chalcopyrite, argentifères, encaissés dans des volcanites acides, calco-alcalines (andésites, dacites, rhyolites, tuffites, etc.); les centres volcaniques ont une activité explosive avec formation d’ignimbrites et de pyroclastites; les sédiments d’accompagnement sont des grauwackes, des shales manganésifères et graphiteux, des pélites; les dépôts d’origine chimique (silice, oxydes de fer) sont peu abondants; ces amas se sont formés à certaines époques privilégiées, en relation avec un environnement tectonique eugéosynclinal; les gisements connus sont d’âge protérozoïque, ordovicien, triasique et tertiaire. Ces derniers portent le nom de Kurokos au Japon;

– les amas de blende-chalcopyrite et pyrite, argentifères (zinc dominant) et aurifères (cuivre dominant), encaissés dans des volcanites acides à basiques (basaltes, andésites, dacites, rhyolites); les roches encaissantes sont de deux types: chimique, avec dépôts abondants de silice et oxydes de fer rubanés (Banded Iron Formations ), volcanoclastique (tufs, pyroclastites); le volcanisme s’est produit en eau profonde, au cours d’une phase orogénique eugéosynclinale précoce; ces gisements sont essentiellement d’âge archéen, parfois aussi cambro-ordovicien et dévonien;

– les amas à chalcopyrite-blende-pyrite, avec métaux précieux (argent, or) et cobalt, encaissés dans des volcanites basiques, et localement ultrabasiques; outre ces roches volcaniques basiques, l’encaissant comprend des sédiments détritiques d’origine terrigène; ces gisements se sont formés en eau peu profonde, dans un environnement épicratonique associé à un fossé de distension de la croûte continentale (rift); ils ne sont pas confinés à certaines époques géologiques et peuvent être rencontrés dans de nombreuses régions, bien que le type ait été défini au Japon (type Besshi);

– les amas à pyrite-chalcopyrite avec or associé, encaissés dans des séries ophiolitiques (basaltes-ultrabasites); ces volcanites se sont déposées en eau profonde, accompagnées de dépôts d’origine chimique (siliceux, ferrugineux, manganésifères), pratiquement sans sédiments clastiques; l’environnement orogénique est lui aussi un fossé de distension de la coûte continentale; les gisements de ce type peuvent dater de l’Ordovicien, du Crétacé supérieur, de l’Éocène, etc. Chacun de ces types de gisement a lui-même deux sous-types selon qu’il est proche du centre volcanique (gisement proximal ) ou lointain (gisement distal ).

Les gisements les plus importants en relation avec le volcanisme sont les suivants:

– au Canada, on peut citer, au Nouveau-Brunswick, les gisements de Brunswick 12 et de Caribou, dans une série volcano-sédimentaire d’âge ordovicien, le premier avec 105 millions de tonnes à 3,7 p. 100 de plomb et 9 p. 100 de zinc, le second avec 49 millions de tonnes à 1,7 p. 100 de plomb et 4,5 p. 100 de zinc; en Ontario, Kidd Creek, avec 68 millions de tonnes à 0,22 p. 100 de plomb et 4,9 p. 100 de zinc;

– aux États-Unis, le gisement de Crandon (Wisconsin) comporte 68 millions de tonnes de réserves à 0,4 p. 100 de plomb et 5 p. 100 de zinc;

– en Australie, on citera le gisement de Hellyer (Tasmanie), avec 19 millions de tonnes à 6,9 p. 100 de plomb et 13 p. 100 de zinc; il existe beaucoup d’autres gisements de moindre envergure en Nouvelle-Galles du Sud et au Queensland;

– en Afrique, on peut assimiler le gisement de Gamsberg, en Afrique du Sud, à un amas volcano-sédimentaire métamorphisé dans des schistes et amphibolites; ses réserves sont de 143 millions de tonnes à 0,55 p. 100 de plomb et 7,41 p. 100 de zinc;

– en Europe, plusieurs amas très pyriteux peuvent être cités dans la bande volcano-sédimentaire d’âge viséen de Huelva, en Espagne: Aznacóllar (40 millions de tonnes à 1,77 p. 100 de plomb et 3,33 p. 100 de zinc), La Zarza (100 millions de tonnes à 0,8 p. 100 de plomb et 1,3 p. 100 de zinc), Sotiel (66 millions de tonnes à 1,8 p. 100 de plomb et 4,5 p. 100 de zinc); cette bande se prolonge vers l’ouest au Portugal, avec Aljustrel (144 millions de tonnes à 1,2 p. 100 de plomb et 3,5 p. 100 de zinc) et, surtout, Neves Corvo, avec 32,9 millions de tonnes à 1,14 p. 100 de plomb et 5,71 p. 100 de zinc, 7,2 millions de tonnes à 2,48 p. 100 de zinc et 4,5 p. 100 de cuivre, et 27,5 millions de tonnes à 8,66 p. 100 de cuivre et localement d’importantes teneurs en étain, ce qui en fait le gisement le plus important découvert en Europe depuis un siècle;

– en Asie, c’est au Japon que se trouvent les exemples les plus connus: Hitachi (33 millions de tonnes à 1,5 p. 100 de cuivre et 1,1 p. 100 de zinc) et le district de Kuroko (environ 45 millions de tonnes à 2 p. 100 de cuivre, 1,5 p. 100 de plomb, 5 p. 100 de zinc, 95 grammes d’argent par tonne et 1,5 gramme d’or par tonne).

Les gisements sans relation directe avec le volcanisme dans un environnement sédimentaire chimico-pélitique fin

Il s’agit de ce type de gisements que l’on nomme couramment dans la littérature géologique actuelle «sédimentaire-exhalatif» (ou sedex ). Cette dénomination a l’inconvénient de présumer de la genèse du gisement, et les hypothèses génétiques changent vite. On y a fait entrer des minéralisations très diverses: amas lenticulaires de plomb-zinc dans les calcaires dolomitiques de Navan, gisements zambiens de cuivre dans une série détrito-carbonatée transgressive et gisement stratiforme de plomb-zinc de MacArthur River dans des shales noirs à interlits dolomitiques, etc. Pour éviter cette confusion, on propose ici de limiter ce type aux gisements répondant aux critères suivants:

– environnement réducteur (pélites noires, shales carbonés et dolomitiques);

– présence d’une ou de plusieurs failles synsédimentaires, ayant pu servir de passage aux fluides minéralisateurs, et dont le jeu pendant la sédimentation a occasionné la formation d’un bassin avec dépôt de minéralisations;

– position paléogéographique soit en bassin intracratonique, soit en plate-forme marginale d’un craton.

Ce type peut donner des gisements considérables, encore qu’ils soient peu exploités actuellement, car le minerai, à grain très fin, pose souvent des problèmes de concentration. On peut citer:

– en Australie, le district Mount Isa-Hilton (Queensland), dans des shales dolomitiques noirs d’âge protérozoïque moyen; la présence de tufs volcaniques a pu faire classer ce district dans le troisième type; le tonnage global atteint 121 millions de tonnes à 6,2 p. 100 de plomb et 8,1 p. 100 de zinc. Dans le Territoire du Nord, le gisement, très comparable, de MacArthur River atteint 227 millions de tonnes à 4,1 p. 100 de plomb et 9,2 p. 100 de zinc;

– en Amérique du Nord, au Canada, le gisement de Sullivan (Colombie-Britannique), d’âge protérozoïque, a des réserves de 44 millions de tonnes à 4,4 p. 100 de plomb et 6,3 p. 100 de zinc; au Yukon, un très vaste district, le Selwyn Basin, comporte plusieurs gisements dans un faciès de shales noirs dont l’âge s’échelonne du Cambrien au Dévonien. Les plus importants de ces gisements sont Howard’s Pass (100 millions de tonnes à 1,5 p. 100 de plomb et 7,5 p. 100 de zinc), Cirque (22 millions de tonnes à 2,7 p. 100 de plomb et 9 p. 100 de zinc), Grum (28 millions de tonnes à 3 p. 100 de plomb et 4,9 p. 100 de zinc) et Faro (26 millions de tonnes à 2,9 p. 100 de plomb et 4,3 p. 100 de zinc); aux États-Unis, le gisement de Red Dog, en Alaska (77 millions de tonnes à 5,6 p. 100 de plomb et 17 p. 100 de zinc), se trouve dans des shales noirs d’âge dévono-carbonifère;

– en Europe, on peut citer le gisement de Rammelsberg (Allemagne), presque épuisé après mille ans d’exploitation, et celui de Rouez (France), de très gros volume (80 millions de tonnes) mais à faible teneur (0,3 p. 100 de plomb; 1,5 p. 100 de zinc; 0,6 p. 100 de cuivre et 1,5 gramme d’or par tonne).

Les gisements concordants dans un environnement métamorphique

Quelques gisements se trouvent dans un environnement de métamorphisme général à gradient élevé, auquel s’ajoute souvent une tectonique polyphasée complexe. Le type d’origine du gisement n’est donc plus identifiable, du moins dans l’état actuel des connaissances. L’amas minéralisé est concordant avec la schistosité, ou avec la stratification, ou avec les deux, mais cela n’est-il pas dû dans bien des cas à la tectonique tangentielle?

Au moins deux gisements d’importance mondiale ont été regroupés dans ce type: Broken Hill, en Australie (Nouvelle-Galles du Sud), concordant dans une série de gneiss très déformés, dans un horizon de gneiss à sillimanite et de quartzite, d’âge protérozoïque inférieur (45 millions de tonnes de réserves à 9 p. 100 de plomb et 9 p. 100 de zinc); le district d’Aggeneys, en Afrique du Sud, avec Black Mountain (120 millions de tonnes à 6,35 p. 100 de plomb et 2,87 p. 100 de zinc), également dans une série gneissique d’âge protérozoïque. De nombreux gisements dans des séries très métamorphiques d’âge précambrien moyen existent en Suède; ils sont au-dessous des 10 millions de tonnes de réserves; certains d’entre eux paraissent associés à un volcanisme.

Gisements filoniens ou en amas directement associés à une intrusion acide

Les gisements de ce type sont de loin les plus nombreux et les plus anciennement prospectés et exploités. En général, ils sont de petite dimension: les réserves des gisements individuels sont souvent inférieures au million de tonnes de minerai; toutefois, certains districts pris dans leur ensemble dépassent largement les 10 millions de tonnes. Ils comportent fréquemment des métaux rares «valorisants»: l’argent, le germanium, l’indium, le gallium, etc. On peut distinguer, de manière très simplifiée, deux sous-types:

– les filons ou amas proches ou à l’intérieur d’une intrusion acide de faible profondeur; l’intrusif est ici soit un «porphyre cuprifère», soit une roche subvolcanique (rhyolite, dacite, andésite); les corps minéralisés sont soit des filons ou des ensembles de filons, soit des amas de minéralisations plus ou moins disséminées dans un skarn au contact d’une roche carbonatée avec l’intrusion; les deux types de corps minéralisés peuvent d’ailleurs coexister dans le même district ou le même gisement; ce sous-type est caractéristique dans les cordillères américaines, aussi bien aux États-Unis et au Mexique, où l’intrusion est surtout porphyrique, qu’au Pérou, où elle est plutôt subvolcanique;

– les filons ou amas associés à une intrusion acide de plus grande profondeur; il s’agit là d’un intrusif granitique, monzonitique, grano-dioritique; les amas minéralisés sont uniquement filoniens; bien qu’ils puissent être intraplutoniques, on les retrouve souvent assez loin de l’intrusion, si bien que dans certains cas l’association avec l’intrusion acide est assez hypothétique.

Les districts les plus importants représentatifs de ce type de gisement se trouvent au Mexique et au Pérou:

– au Mexique, on citera Santa Bárbara (Chihuahua), avec 43 millions de tonnes à 2,16 p. 100 de plomb, 3,74 p. 100 de zinc et 95 grammes d’argent par tonne; San Martín (Zacatecas), près d’une intrusion granodioritique, avec 25 millions de tonnes à 0,20 p. 100 de plomb, 4,54 p. 100 de zinc et 96 grammes d’argent par tonne; Charcas (San Luis Potosí), dans des skarns, avec 15 millions de tonnes à 0,88 p. 100 de plomb, 5,2 p. 100 de zinc et 88 grammes d’argent par tonne; Santa Eulalia (Chihuahua), également dans des marbres et des skarns, avec 9 millions de tonnes à 3,5 p. 100 de plomb, 5,7 p. 100 de zinc et 115 grammes d’argent par tonne;

– au Pérou, on citera Casapalca (Lima), près d’intrusions syénitiques et dioritiques, avec des réserves de 22 millions de tonnes à 1,8 p. 100 de plomb, 2,9 p. 100 de zinc et 167 grammes d’argent par tonne; San Cristóbal (Junín), proche d’un intrusif monzonitique, avec 20 millions de tonnes à 0,98 p. 100 de plomb, 6,84 p. 100 de zinc et 109 grammes d’argent par tonne, plus des teneurs importantes en indium et en gallium; Huarón (Pasco), avec 10 millions de tonnes de réserves à 2 p. 100 de plomb, 4,06 p. 100 de zinc et 200 grammes d’argent par tonne.

En Europe, le district de Trepca (Yougoslavie), un ensemble d’amas dans des calcaires et des skarns, possède des réserves de 50 millions de tonnes à 4 p. 100 de plomb et 3 p. 100 de zinc. Le district de Montevecchio-Funtana Raminosa (Italie) renferme 6,1 millions de tonnes de minerai à 1,5 p. 100 de plomb et 3,3 p. 100 de zinc.

En France, le gisement de Saint-Salvy-de-la-Balme est un filon dont la relation génétique avec le granite du Sidobre voisin n’est pas établie: les concentrations pourraient provenir de niveaux à zinc à faible teneur dans une série de schistes noirs cambriens. Le tonnage avant l’exploitation était d’environ 4 millions de tonnes à 12 p. 100 de zinc, avec plus de 120 grammes de germanium et 100 grammes d’argent par tonne.

2. Métallurgie

La métallurgie du plomb est très ancienne: la production de l’Empire romain aurait atteint 60 000 tonnes par an, chiffre qui ne fut ensuite égalé par le monde entier qu’au cours du XIXe siècle.

Selon la densité de la gangue dans laquelle elle se trouve dispersée, la galène est séparée par gravimétrie ou par flottation. L’extraction du plomb s’effectue en deux étapes:

– la galène est d’abord transformée par grillage à 700 0C en oxyde PbO:

un réglage soigneux de la distribution des températures de l’oxygène et de l’anhydride sulfureux est nécessaire afin d’éviter la formation du sulfate PbS4 qui ne se décompose qu’à partir de 800 0C.

– la réduction de l’oxyde par le coke s’effectue à 900 0C au four à cuve; la densité élevée (11) du plomb fondu permet de le séparer aisément des scories (formées surtout de silicates de fer) et des impuretés (sulfures de cuivre, de fer, de zinc, d’arsenic, etc.) qui constituent la matte et le speiss.

Les procédés d’affinage sont fondés sur la plus grande tendance à l’oxydation présentée par la plupart des impuretés. On peut également mettre à profit la différence de densité avec les métaux à point de fusion élevé (fer, cobalt, nickel, cuivre), pratiquement insolubles dans le plomb fondu.

3. Propriétés et usages du métal et de ses alliages

La masse atomique du plomb est 207,2. Il fond à 327,42 0C et bout à 1 740 梁 10 0C. Sa densité à 20 0C est 11,341.

Le plomb possède quatre isotopes naturels non radioactifs; sa masse atomique varie, selon son minerai d’origine, de 207,20 à 207,27, la composition isotopique dépendant des apports de plomb radiogénique provenant de la désintégration de l’uranium et du thorium.

Sous pression normale, le plomb n’existe que sous une variété qui cristallise dans le système cubique à faces centrées.

Il est mauvais conducteur de l’électricité. La température critique, 7,2 K, au-dessous de laquelle apparaît la supraconductivité, n’est dépassée que par celle du technétium et du niobium.

Le plomb possède un éclat argenté qui ternit rapidement à l’air par suite de la formation d’une couche d’oxyde et de carbonate. C’est un métal mou, malléable, ayant une faible résistance à la rupture. Son tréfilage est aisé, excepté sous la forme de fil fin.

Ses caractéristiques mécaniques, son faible point de fusion qui permet de le souder aisément, sa résistance à la corrosion font du plomb le principal matériau de tuyauterie. L’eau chargée de calcaire forme un enduit de carbonate protecteur qui permet l’usage du plomb malgré sa toxicité.

Venant en seconde position derrière la production d’accumulateurs, les gaines de câbles électriques constituent une part importante de la consommation en plomb. En raison de sa densité élevée et de son élasticité pratiquement nulle, le plomb, sous forme de feuilles laminées, constitue un matériau de choix comme écran contre la propagation des ondes sonores. Il offre également une protection efficace contre les rayonnements électromagnétiques, notamment les rayons X et les rayons 塚.

Il est attaqué par les acides; cependant, l’action de l’acide sulfurique est rapidement stoppée par la formation d’une couche de sulfate, ce qui permet l’utilisation de ce métal lors de la préparation de l’acide sulfurique suivant le procédé des chambres de plomb.

Le faible point de fusion du plomb peut encore être abaissé par addition d’étain. Les alliages pour soudure contiennent généralement de 40 à 50 p. 100 d’étain.

On peut remédier au manque de dureté du plomb en ajoutant de l’antimoine en proportion de 10 à 20 p. 100, par exemple, dans les caractères d’imprimerie, de 6 p. 100 dans les plaques d’accumulateurs, de 5 à 8 p. 100 dans les moulages de balles de fusil.

Les alliages antifriction doivent présenter assez de plasticité pour s’adapter à la surface de la pièce frottante tout en possédant suffisamment de dureté pour éviter une déformation. Ces deux exigences peuvent être satisfaites en incorporant de l’antimoniure d’étain SnSb dans du plomb. Les alliages utilisés ont la composition suivante: Pb (70 à 73 p. 100), Sn (12 à 20 p. 100), Sb (10 à 15 p. 100).

4. Principaux composés

Le plomb possède à l’état fondamental la structure électronique 6 s 2, 6 p 2. Comme le germanium et l’étain, il peut donner naissance à des ions divalents par perte des seuls électrons p ou à des ions tétravalents par arrachement de la totalité des électrons périphériques. Le degré d’oxydation + II (à l’inverse de ce qui était observé dans le cas des éléments supérieurs de la colonne IV du tableau périodique) présente une stabilité très supérieure à celle du degré + IV. Pour traduire la résistance que manifestent les électrons 6 s 2 à participer à une liaison, on les désigne souvent par l’expression «doublet inerte».

Les potentiels normaux d’oxydoréduction correspondant aux couples Pb2+/Pb et Pb4+/Pb2+ sont respectivement 漣 0,13 et 1,8 V à pH = 0.

Degré d’oxydation + IV

Le caractère oxydant de l’oxyde Pb2 est fortement abaissé en milieu basique. Il peut être obtenu par oxydation des ions plombites par le chlore ou les ions hypochlorites:

on le prépare également par électrolyse.

L’oxyde Pb2 présente toujours un déficit en oxygène. Cet écart à la stœchiométrie explique sa coloration brun-noir et sa conductivité électrique (104 行 size=11 練 cm size=11). Il possède sous pression normale la structure rutile. Par accroissement de pression, il acquiert successivement la structure de la colombite (FeNb26), puis celle de la fluorine (CaF2), la coordinence s’élevant de 6 à 8 au cours de cette seconde transformation. La seconde variété se forme dans les accumulateurs.

L’oxyde Pb2 est utilisé dans les accumulateurs au plomb. Ceux-ci sont constitués d’une anode en plomb et d’une cathode en oxyde Pb2, plongées dans une solution aqueuse d’acide sulfurique. Au cours de la décharge se produisent les réactions suivantes à l’anode:

et à la cathode:

e est la charge de l’électron.

Le sulfate de plomb insoluble PbS4 qui se forme aux électrodes y adhère. Pendant la charge, les réactions sont inversées.

L’oxyde Pb2 se dissout dans les solutions de soude ou de potasse concentrées avec formation d’ions plombates Pb32 size=1 et Pb44 size=1. Par refroidissement, les hydroxoplombates Na2Pb(OH)6 et K2Pb(OH)6 précipitent.

La faible stabilité thermique de Pb2, qui se décompose dès 400 0C sous pression d’oxygène d’une atmosphère en minium Pb34, explique le nombre restreint de plombates anhydres isolés. Dans ces conditions, ne sont accessibles que les plombates alcalins et alcalino-terreux. L’utilisation de techniques de haute pression a permis l’obtention de nouvelles familles de plombates (pyrochlores Ln2Pb27 par exemple. Ln étant un élément lanthanidique). Les plombates présentent de grandes analogies structurales avec les stannates. Le plomb y possède généralement la coordinence 6 (Na2Pb3, SrPb3, BaPb3), parfois la coordinence 5 (K2Pb3).

Si l’on excepte les fluorures (une série de fluorures doubles de plomb et d’un élément divalent de formule MPb6, M = Zn, Ni, Sr..., a été récemment isolée), les autres composés du plomb tétravalent sont en nombre très limité: citons le chlorure PbCl4 (le bromure et l’iodure n’ont pu en revanche être préparés), le sulfate Pb(SO4)2, l’acétate Pb(CH3COO)4 utilisé comme oxydant en chimie organique. Leur température de décomposition est souvent voisine de la température ambiante.

Degré d’oxydation + II

L’oxyde PbO a été mis en évidence sous deux variétés, l’une rouge (litharge), l’autre jaune (massicot), dont la température de transformation se situe à 486 0C. Ces deux structures sont caractérisées par l’existence de pyramides (PbO4) assemblées en couches dont la cohésion est assurée par des forces de Van der Waals. Cette configuration particulière du plomb s’explique par un mode d’hybridation complexe faisant intervenir les orbitales atomiques 6 s , 6 p et 6 d .

L’oxyde PbO réagit aisément par voie sèche avec les oxydes à caractère acide. Les oxydes doubles obtenus sont le plus souvent isotypes des phases homologues du strontium et du baryum dont les rayons ioniques sont voisins de celui du plomb divalent. En raison de la polarisabilité du plomb, les substances ferro-électriques, telles que le titanate PbTi3 et le niobate PbNb26, sont caractérisées par des constantes diélectriques remarquablement élevées.

L’addition d’une base à une solution d’un sel de plomb entraîne la précipitation de l’hydroxyde Pb(OH)2 qui, amphotère, se dissout en milieu plus basique avec formation d’ions plombites HPb2 size=1:

Les halogénures PbCI2, PbBr2 et PbI2 présentent une solubilité qui, faible à température ordinaire, s’accroît considérablement avec la température. Ils se dissolvent dans les solutions d’halogénures alcalins par suite de la formation de complexes tels que PbCI size=13ou PbBr42 size=1.

Le sulfure PbS possède une coloration noire. Il peut être obtenu sous forme amorphe en faisant barboter de l’hydrogène sulfuré dans une solution d’un sel de plomb ou sous forme cristalline par synthèse directe. Il peut présenter des écarts à la stœchiométrie de part et d’autre de sa formule idéale. Il possède alors des propriétés semiconductrices qui ont conduit à de nombreuses applications. Il peut être utilisé notamment comme élément de transistor ou de redresseur de courant alternatif. Des détecteurs à galène ont été réalisés au début du développement des techniques radioélectriques. La conductivité électrique de PbS varie avec l’éclairement: cette propriété est mise à profit dans les cellules photoélectriques au sulfure de plomb qui permettent l’étude des rayonnements de longueurs d’onde situées dans le proche infrarouge.

Degrés d’oxydation mixtes

Dans plusieurs oxydes, le plomb possède simultanément les degrés d’oxydation + II et+ IV. Le minium Pb34, utilisé comme pigment antirouille, est préparé par oxydation du plomb. Obtenu à partir de la cérusite, il est employé comme pigment sous le nom de mine orange. Les autres oxydes à degrés d’oxydation mixtes ont les formules Pb23 et Pb1219.

Des oxydes ternaires de formules K2Pb36, K4Pb510 et KPb2, dans lesquels coexistent également le plomb + II et le plomb + IV, ont été isolés.

5. Les composés organiques du plomb

Les composés organiques du plomb renferment, par définition, au moins une liaison plomb-carbone. De nombreux travaux leur ont été consacrés, en raison de leur importance industrielle.

La chimie organique du plomb est marquée par les dimensions de l’atome: ainsi les liaisons sont relativement longues et faibles, ce qui confère aux organoplombiques une stabilité thermique inférieure à celle de leurs homologues siliciés, germaniés ou même stanniques; on note cependant, d’une manière générale, une bonne stabilité à l’hydrolyse ou à l’action de l’oxygène atmosphérique. À la différence du carbone, on ne connaît pas de liaisons multiples faisant intervenir un atome de plomb. La présence d’orbitales p vacantes ouvre des possibilités de coordinations ou de liaisons du type d 神-p 神.

Préparations et propriétés

Les dérivés tétra-organoplombiques, d’une importance économique considérable, sont préparés au stade industriel à partir d’un alliage sodium-plomb et d’halogénure organique, en présence de catalyseurs:

Le plomb formé au cours de la synthèse est recyclé. D’autres méthodes ont été également utilisées, notamment l’électrolyse de combinaisons organomagnésiennes avec une anode en plomb.

Au niveau du laboratoire, il est préférable d’utiliser un halogénure de plomb divalent:

Dans certaines conditions, cette méthode conduit également à des composés diplombiques (enchaînement Pb-Pb). La pyrolyse des tétra-organoplombs constitue une source de radicaux libres: c’est à partir du tétra-méthylplomb que fut, pour la première fois, démontrée l’existence de ces espèces (1928).

L’action des halogènes ou des hydracides halogénés permet d’accéder aux halogénures R3PbX ou R2PbX2, très utiles pour des synthèses ultérieures. RPbX3 n’est pas stable et se décompose spontanément en halogénures RX et PbX2.

Les hydroxydes R3PbOH sont facilement obtenus à partir des halogénures; ce sont des bases fortes. On peut également atteindre les hydrures R3PbH, réducteurs puissants et très instables.

De nombreux autres types d’organo-plombiques sont connus.

Il faut enfin signaler que les composés du plomb divalent, souvent postulés comme intermédiaires réactionnels, n’ont pas été isolés et semblent extrêmement réactifs et instables.

Applications

Le tétraéthylplomb et le tétraméthylplomb ont connu une application très importante comme additifs antidétonants des essences. Cependant, l’amélioration de la qualité des carburants et les efforts en vue de réduire la pollution atmosphérique, notamment par l’emploi de systèmes catalytiques incompatibles avec les additifs au plomb, ont entraîné une forte diminution de leur emploi aux États-Unis et en Europe. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les utilisations des organoplombiques sont limitées par leur forte toxicité (pour l’homme et pour l’eau).

plomb [ plɔ̃ ] n. m.
XVe; plum 1119; lat. plumbum
ILe plomb, du plomb.
1Métal très dense d'un gris bleuâtre (Pb; no at. 82; m. at. 207,2), mou, facilement fusible, se laissant bien travailler et laminer. Gisement de plomb. plombifère. Plomb argentifère, natif. La galène est un des minerais de plomb. Protoxyde de plomb. Bioxyde de plomb. Sels de plomb ( minium; céruse) . Additif antidétonant incorporé aux carburants pour améliorer l'indice d'octane (mais polluant). Essence sans plomb. Méd. Coliques de plomb, dues aux sels de plomb. ⇒ saturnisme; plombémie. Chambres de plomb, pour la fabrication de l'acide sulfurique. Écran de plomb, verre au plomb (protection contre divers rayonnements). Mine de plomb. 2. mine. Gouttière, tuyau de plomb ( plomberie, plombier) . — SOLDATS DE PLOMB : figurines représentant des soldats (à l'origine, en plomb). — Loc. fig. Avoir du plomb dans l'estomac, un poids sur l'estomac. N'avoir pas de plomb dans la cervelle, dans la tête : être léger, étourdi. Cela lui mettra du plomb dans la tête : cela le fera réfléchir. « six ans de service militaire lui mettront du plomb dans la tête » (Balzac).
2Fig. DE PLOMB; EN PLOMB, exprimant l'idée de poids (au pr. et au fig.). Avoir, se sentir des jambes de plomb, en plomb, très lourdes. Sommeil de plomb, très profond. Ciel de plomb : gris sombre ( plombé) . Nous avancions « écrasés sous un ciel de plomb » (Fromentin). Un soleil de plomb, très chaud. (calque de l'all., titre d'un film) Les années de plomb : les années 1970-1980 marquées par le terrorisme en Europe occidentale (Allemagne, Italie, France).
3Collect. DU PLOMB : des plombs de chasse (cf. ci-dessous, II, 2o). Du gros plomb ( chevrotine) , du petit plomb ( cendrée, dragée, grenaille) . Fig. Avoir du plomb dans l'aile.
4Imprim. Vieilli Ensemble des caractères d'imprimerie.
II ♦ UN PLOMB, les plombs. Objet en plomb (ou à base de plomb).
1Plomb (de sonde) : masse de plomb attachée à l'extrémité d'une corde de manière à constituer une sonde. « On sondait avec un plomb la hauteur des eaux » (Loti). Fil à plomb.
Loc. adv. À PLOMB. Mettre à plomb un mur, le disposer verticalement ( aplomb) . « Le soleil tombe à plomb » (Mme de Staël). Fig. et vieilli À propos (cf. À pic). « L'observation sur les villageois tombe à plomb » (Balzac).
2Chacun des grains sphériques qui garnissent une cartouche de chasse. Des plombs de chasse.
3Chacun des grains de plomb qui lestent un bas de ligne, un filet; ces grains. plombée. « Je pêchais sans flotteur et sans plomb » (A. Gide).
Vieilli Chacune des petites rondelles de plomb qu'on fixait au bas d'un vêtement, d'un rideau pour le faire tomber droit.
4Petit disque de plomb portant une marque, qui sert à sceller un colis, à garantir la fermeture d'une porte, etc. sceau. Mettre un plomb à la porte d'un wagon. plomber. Le plomb d'un compteur d'électricité.
5Baguette de plomb qui maintient les verres d'un vitrail.
6Anciennt plur. Cuvette qui servait à l'évacuation des eaux sales. « Un escalier suffocant où plombs et latrines répandaient leurs épouvantables exhalaisons » (Bloy).
7(1897) Fusible. Les plombs : dispositif qui contient les fusibles. ⇒ coupe-circuit. Les plombs ont sauté. Loc. fig. et fam. Péter les plombs (parfois un plomb) :s'énerver; devenir fou (cf. Disjoncter). « Le tango, la nostalgie, il valait mieux arrêter. Je pouvais péter les plombs, avec ça, et j'avais besoin de toute ma tête » (Izzo).

plomb nom masculin (latin plumbum) Métal très pesant, d'un gris bleuâtre. (Élément chimique de symbole Pb.) Numéro atomique : 82 Masse atomique : 207,2 Température de fusion : 327,5 °C Masse volumique : 11,35 g°cm3 Balle, grain de plomb dont on charge les armes à feu. Bâtiment Petite masse de plomb, ou d'un autre métal, servant à lester le fil à plomb. Couture Pastille de plomb cousue dans l'ourlet d'un vêtement, d'un rideau pour leur donner de la tenue. Droit Sceau douanier pour certifier qu'un colis a acquitté certains droits. Électricité Lame ou fil de plomb utilisé comme élément fusible. (On dit aussi plomb fusible.) Imprimerie Caractère typographique ; composition d'imprimerie. Marine Morceau de métal fixé à l'extrémité d'une ligne et servant à sonder. (On dit aussi plomb de sonde.) Pêche Corps lourd, fixé à la ligne ou au filet pour les faire plonger ou les maintenir au fond. Vitrail Baguette de plomb de section en H, servant d'élément d'assemblage aux pièces de verre d'un panneau de vitrail. ● plomb (citations) nom masculin (latin plumbum) Jean Racine La Ferté-Milon 1639-Paris 1699 Comment en un plomb vil l'or pur s'est-il changé ? Athalie, III, 7, Joad plomb (difficultés) nom masculin (latin plumbum) Sens Ne pas confondre. 1. Aplomb = équilibre vertical. 2. À plomb = verticalement. ● plomb (expressions) nom masculin (latin plumbum) Années de plomb, période marquée par la violence, le terrorisme. De plomb, gris comme le plomb : Ciel de plomb ; accablant, écrasant : Chaleur de plomb ; pesant, lourd : Jambes de plomb ; lourd et profond : Sommeil de plomb. Familier. N'avoir pas de plomb dans la tête, dans la cervelle, être très étourdi. Plomb brûlé, synonyme de massicot. ● plomb (homonymes) nom masculin (latin plumbum) aplomb nom masculinplomb (synonymes) nom masculin (latin plumbum) Chimie. Plomb brÛlé
Synonymes :

plomb
n. m.
d1./d élément métallique de numéro atomique Z = 82 (symbole Pb).
Métal (Pb) d'un gris bleuâtre, utilisé pour la fabrication de couvertures d'édifices, conduites d'eau et de gaz, accumulateurs électriques, plombs de chasse, etc., et pour la protection contre les rayonnements X et gamma qu'il absorbe.
|| De plomb, en plomb: très lourd (au propre et au fig.). Jambes de plomb. Soleil de plomb.
Loc. N'avoir pas de plomb dans la tête, dans la cervelle: être léger, étourdi.
|| Mine de plomb: V. mine 1, sens III.
|| (Québec) Crayon de plomb.
Loc. écrire au plomb, avec un crayon (sens 2).
d2./d Chacun des petits grains de plomb qui constituent le chargement d'une cartouche de chasse.
(Collectif) Du gros plomb (chevrotine), du petit plomb.
Fig. Avoir du plomb dans l'aile: être en mauvaise posture, en mauvais état.
d3./d Un plomb: chacun des petits morceaux de plomb qui lestent une ligne de pêche.
|| Fil à plomb: V. fil (sens I, 2).
Loc. adv. à plomb: verticalement, perpendiculairement.
d4./d Sceau en plomb. Les plombs d'un compteur à gaz.
d5./d TECH Chacune des baguettes de plomb qui maintiennent les pièces d'un vitrail.
d6./d Coupe-circuit en alliage fusible (le plus souvent à base de plomb). Un court-circuit a fait sauter les plombs.
d7./d IMPRIM Le plomb: l'ensemble des caractères qui forment une composition typographique.

⇒PLOMB, subst. masc.
I. A. —[Désigne une matière].
1. CHIMIE Métal d'un gris bleuâtre, très dense, mou, ductile, facilement fusible, très malléable et laminable (symb. Pb, de numéro atomique 82, de masse atomique 207,22). Gisement, mine, minerai de plomb; oxyde, sel de plomb; plomb argentifère, fondu, laminé, natif; lourd comme du plomb; couper, couler, fondre du plomb; cercueil, gouttière, tuyau de/en plomb. Sur le tabernacle se dresse une modeste croix de plomb doré (BOSCO, Mas Théot., 1945, p.70). Une bonbonne de plomb (...) avec son contenu supposé d'uranium (GOLDSCHMIDT, Avent. atom., 1962, p.80):
1. Le minerai de Zéa contient environ 80 pour 100 de plomb; le plomb renferme en moyenne 0,00125 d'argent; c'est-à-dire que cent kilogrammes de plomb donneraient un lingot d'argent de 25 francs.
ABOUT, Grèce, 1854, p.157.
Soldats de plomb. Jouet d'enfant consistant en figurines (à l'origine, en plomb pur, le plus souvent aujourd'hui en alliage de plomb ou en une autre matière) représentant des soldats d'une armée en bataille. Boîte, rangée de soldats de plomb. Derrière les vitres sales (...) on peut voir, poussiéreux, décoloré, tout un bazar pour enfants: poupées, polichinelles, soldats de plomb dans leur boîte (T'SERSTEVENS, Itinér. esp., 1933, p.44).
ALCHIM. Plomb, métal vil destiné à être transmuté en or. On peut (...) à l'aide d'un agent (...) transmuer (...) le mercure en argent et le plomb en or. Et cet agent c'est la pierre philosophale (HUYSMANS, Là-bas, t.1, 1891, p.126).
Blanc de plomb. Synon. de céruse. La couleur de Van Gogh (...) n'est qu'une morte par rapport à ce qu'elle fut (...). Ce désastre, dû à l'oxydation des chromes, du blanc de plomb, du vert Véronèse (...) est irréparable (LHOTE, Peint. d'abord, 1942, p.136).
Mine de plomb (vieilli). V. mine2 I B 1.
Chape de plomb.
PATHOLOGIE
Colique de plomb. V. colique A 1. Synon. saturnisme aigu (Pt ROB. 1977).
Plomb des vidangeurs. ,,Intoxication aiguë par l'hydrogène sulfuré et les vapeurs ammoniacales qui se dégagent des fosses d'aisances`` (GARNIER-DEL. 1972).
Arg. ou pop. Syphilis. (Ds ESN. 1966).
2. Expr. fam.
Avoir du plomb dans l'estomac/un plomb sur l'estomac. Avoir des lourdeurs à l'estomac, digérer difficilement. Elle ne sentait plus sa faim; seulement, elle avait un plomb dans l'estomac, tandis que son crâne lui semblait vide (ZOLA, Assommoir, 1877, p.750).
N'avoir pas de plomb dans la cervelle, dans la tête. Être étourdi, sans réflexion, manquer de bon-sens, de pondération. Mettre du plomb dans la tête à qqn. Rendre quelqu'un plus réfléchi, plus pondéré. J'estime que la captivité lui mettra du plomb dans la tête; il nous reviendra un autre homme (SARTRE, Mort ds âme, 1949, p.158).
Nager comme un chien de plomb (vx). Nager très mal. (Dict.XIXes.).
B.De/en plomb, loc. adj. p.anal. ou au fig.
1. De la couleur du plomb. Couleur, gris de plomb. Un ciel de plomb, pas une ombre, rien que des oliviers nains (ZOLA, L'OEuvre, 1886, p.38). Elle est tellement enlaidie par l'émotion, qu'il la fixe une seconde, pour la reconnaître: les traits crispés, le teint de plomb, le visage vieilli, durci (MARTIN DU G., J. Barois, 1913, p.379).
2. Lourd, impossible à remuer. Pieds, semelles de/en plomb. Chanteau eut un effort instinctif pour se lever; mais ses jambes de plomb le clouaient, il dut rester dans son fauteuil (ZOLA, Joie de vivre, 1884, p.982).
3. P. métaph. Très pesant, accablant. Couvercle de plomb. V. chape ex. 2.
4. Pop., vieilli. Cul(-)de(-)plomb. Personne sédentaire, difficile à remuer. Tu sais quel cul de plomb fait mon père (...) tous les jours je lui disais: (...) quand irons-nous aux Andelys? C'était toujours pour le samedi prochain (FLAUB., Corresp., 1834, p.15).
5. a) Très ardent et accablant. Chaleur de plomb. Un soleil de plomb brûle les planches du pont, que nous arrosons pour le rafraîchir (LAMART., Voy. Orient, t.1, 1835, p.160).
b) Très profond. Le lendemain, dès l'aube, le sommeil de plomb qui avait cloué Marius sur son lit pendant dix-huit heures se dissipa lentement (THEURIET, Mariage Gérard, 1875, p.158). Un long silence de plomb, pas même le sifflement d'un moustique (TRIOLET, Prem. accroc, 1945, p.414).
II. —Objet en plomb fondu ou en alliage de plomb ou d'un autre métal.
A.Au sing. coll., IMPR. Alliage utilisé en typographie. Composer en plomb. Le cliché en plomb d'une page (HUGO, Corresp., 1853, p.148). P. méton. Ensemble des caractères d'imprimerie. Mais si vous reculez devant la difficulté d'introduire 150 livres de plomb, comment songiez-vous à introduire des ballots de livres imprimés à Bréda? (HUGO, Corresp., 1853 p.155).
Lire sur le plomb. Lire sur la composition même (et non sur l'épreuve). (Dict.XIXe et XXes.). Le plomb tombe. ,,La composition en plomb sort de la fondeuse ou de la linotype`` (Logos).
B.Un plomb, des plombs
1. Plomb (de sonde). Masse de plomb qui, attachée au bout d'une corde, sert à constituer une sonde; p.méton., la sonde elle-même. Des fragmens [de cornes d'Ammon] adhérens au plomb de sonde, lorsqu'on le descend à de grandes profondeurs (Voy. La Pérouse, t.4, 1797, p.136). Chaque matin, on sondait avec un plomb la hauteur des eaux, de peur que la Marie ne se fût trop rapprochée de l'île d'Islande (LOTI, Pêch. Isl., 1886, p.184).
2. a) Fil à plomb ou, p.ell., plomb.
Loc. verb. fig., vx. Jeter son plomb sur qqc. Former un projet pour parvenir à quelque chose. Jeter son plomb sur un emploi. (Dict.XIXes.).
b) À plomb, loc. adv., vx ou littér.
À la verticale, perpendiculairement au sol. Synon. d'aplomb. Dresser, mettre un mur, une muraille, une menuiserie, une charpente à plomb; tracer une ligne à plomb sur un mur, sur un édifice; mur qui tombe à plomb. Leurs escarpements sont pour la plupart à plomb (BERN. DE ST-P., Harm. nat., 1814, p.225). Pendant que le soleil darde à plomb ses rayons sur la plaine, hommes et animaux suspendent leur labeur (TOEPFFER, Nouv. genev., 1839, p.10).
Au fig., fam. Tomber à plomb. Arriver à propos. (Dict. XIXe et XXes.). Synon. fam. tomber à pic (v. pic3).
3. CHASSE. Chacun des petits grains de plomb durci servant à garnir une cartouche, à charger un fusil; p.méton., au sing., ensemble de ces grains, munitions, ou décharge. Plombs de chasse; cartouche à plomb; charge, décharge de plombs; avoir du plomb en réserve, dans sa cartouche, dans sa gibecière; envoyer du plomb à qqn; recevoir du plomb (dans les fesses, dans l'oeil). Ils décidèrent qu'ils chargeraient leurs armes avec du plomb à perdrix (ZOLA, Fortune Rougon, 1871, p.284).
Gros plomb (synon. chevrotine); petit plomb (synon. cendrée, dragée, grenaille):
2. Il s'agit du dernier capucin tué par notre père, qui a dû le tirer de trop près: il est farci de petit plomb. Dans mon enthousiasme (...) j'avale quelques grains de sept en mangeant ma part...
H. BAZIN, Vipère, 1948, p.271.
Expr. Avoir du plomb dans l'aile. N'avoir ni poudre ni plomb (vx). Manquer du nécessaire pour vivre. (Dict. XIXes.).
Vieilli, littér. Projectile d'une arme à feu. Les deux tonneaux contenant de la poudre et du plomb, ainsi que les paquets d'amorces, furent très-bien reçus (VERNE, Île myst., 1874, p.359).
4. PÊCHE. Chacun des grains de plomb lestant un bas de ligne ou un filet; p.méton., ensemble de ces grains. Pêcher avec/sans plomb; mettre trois plombs à sa ligne. D'autres, durs au travail sèment en rond les plombs Des grands filets (CROS, Coffret Santal, 1873, p.36). Et la grue se souvint alors de ces rets longs Que du liège soutient et qu'entraînent des plombs (JAMMES, Géorgiques, Chant 6, 1912, p.46). V. cendrée A ex. de Genevoix.
5. Cachet de plomb servant à sceller un colis, une ouverture, à en garantir la fermeture ou à certifier l'acquittement de certains droits (notamment à la douane). Synon. sceau. Plombs d'un sac postal; plomb d'un compteur d'électricité; mettre un plomb à une porte; plomb de douane, de manufacture; vérifier les plombs. Les transitaires s'assuraient, à l'ouverture des wagons, du bon état des plombs et du nombre des colis (HAMP, Champagne, 1909, p.196).
6. BEAUX-ARTS. Baguette, nervure de plomb sertissant les verres d'un vitrail, d'un gemmail, les croisillons d'une vitre. Réseau, résilles de plomb d'un vitrail; mise en plomb (synon. sertissage). Les vitraux coloriés qui pendaient à leur plomb rompu laissaient entrer pêle-mêle les feuilles séchées de la forêt (CHATEAUBR., Mém., t.1, 1848, p.115). Ces hautes fenêtres ouvragées que le plomb divise en nombreux compartiments (BAUDEL., Poèmes prose, 1867, p.88).
7. COUT., DÉCOR. Chacune des petites rondelles de plomb qui se fixe au bas d'un vêtement, d'un rideau pour en assurer le tombé; p.méton., au sing. à valeur de coll., ensemble de ce système. Mettre des plombs à un corsage, à des manches. Pendant mon absence, elle avait défait l'ourlet de sa robe pour en retirer le plomb (MÉRIMÉE, Carmen, 1845, p.71). Il portait à ses cadenettes des brimborions de plomb à la mode des anciens (ERCKM.-CHATR., Hist.paysan, t.2, 1870, p.210).
8. HIST. Les Plombs (de Venise). La prison de Venise, située sous les toits recouverts de plomb du palais des Doges. N'étant pas assez riche pour meubler cette cage digne des Plombs de Venise, la pauvre femme n'avait jamais pu la louer (BALZAC, Peau chagr., 1831, p.102). L'Albertine d'autrefois, invisible à moi-même, était pourtant enfermée au fond de moi comme aux «plombs» d'une Venise intérieure (PROUST, Fugit., 1922, p.639).
9. [Jusqu'au déb. du XXes.] Cuvette en plomb ou en zinc, aux étages d'un immeuble, servant à l'évacuation des eaux usées. Odeur des plombs. Le plomb, où se déversaient les eaux ménagères, ajoutait sa quote-part de puanteur dans l'escalier (BALZAC, Cous. Pons, 1847, p.176). Je gravis les escaliers à pas lents, couvert de sueur, étourdi par l'haleine des plombs disposés aux fenêtres des étages (DUHAMEL, Confess. min., 1920, p.75).
10. Synon. fam. de fusible; p.méton., au plur., ensemble du dispositif constitué par les fusibles. Synon. coupe-circuit (électr.). Faire sauter un plomb, les plombs; changer, remplacer un plomb. C'est sans doute le plomb de la chambre qui a sauté. Je vais réparer... Affaire d'un instant (MARTIN DU G., Thib., Été 14, 1936, p.426). Il avait toujours été incapable de remettre les plombs quand ils sautaient: donc, il n'était «pas pratique» (MONTHERL., Pitié femmes, 1936, p.1089).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. a) 1121-34 plum «métal» (PHILIPPE DE THAON, Bestiaire, 1042 ds T.-L.); b) 1793 typogr. corriger sur le plomb (MOMORO, Imprim., p.26); 2. 1379 plomb blanc «étain» (Archives Mairie d'Angers, 324 ds IGLF); 1690 plomb brûlé (FUR); 1859 plomb sulfuré (CHESN.); 3. 1690 plomb (des vidangeurs) (FUR.); 1765 colique de plomb (Encyclop.); 4. 1808 «syphilis» (HAUTEL); 5. 1920 «nom de diverses maladies des arbres fruitiers» (Omnium agricole, p.673). B. 1. a) 1260 «petite masse de métal qui sert à lester un fil pour déterminer la verticale» (VILLARD DE HONNECOURT, Album, 38 ds T.-L.); b) 1552 à plomb «à la verticale» (G. PARADIN, Cronique de Savoie, p.124); c) fin XVIIes. id. «directement» (ST-SIMON, 79, 26 ds LITTRÉ); d) 1739-87 tomber à plomb «à pic» fig. (CAYLUS, OEuvres badines, X, 329); 2. fin XIVes. «sceau que la chancellerie pontificale attache aux bulles» (JEAN D'OUTREMEUSE, Ly Mireur des Histors, Fragm. II Livre, éd. A. Goose, 2807 ds T.-L.); 1638 «petit sceau fixé aux extrémités d'une attache pour en garantir la qualité ou en interdire l'ouverture» (Lett. pat. ds LITTRÉ, s.v. plomber); 3. 1454 mettre en plomb «poser une baguette de plomb pour maintenir les vitres» (Compte de Guillaume Poupet, receveur des finances de Bourg. ds HAVARD); 4. 1580 «poids dont on garnit une ligne ou un filet de pêche» (B. PALISSY, Discours admirable, p.198); 5. ca 1600 «projectiles d'une arme à feu» (DESPORTES, Diverses amours, XVII ds LITTRÉ); 1878 avoir du plomb dans l'aile (Ac.); 6. 1718 «morceau de plomb attaché aux manchettes d'un vêtement» (ibid.); 1845 «pastille plate en plomb fixée dans l'ourlet d'un vêtement» (MÉRIMÉE, loc. cit.); 7. 1890 électr. plomb de sûreté (Lar. 19e Suppl.); 1903 plomb fusible (Nouv. Lar. ill.). C. 1. 1616 «ce qui provoque une impression de pesanteur» (D'AUBIGNÉ, Hist. univ., V, 26 ds HUG.); 2. 1656 (faire le) cul de plomb «être toujours assis» (OUDIN); 3. 1835 soleil de plomb (LAMART., loc. cit.); 4. 1842 sommeil de plomb (BALZAC, Début vie, p.464). Du lat. plumbum «plomb», «balle de plomb», «tuyau de plomb». Fréq. abs. littér.:1357. Fréq. rel. littér.:XIXes.: a) 1848, b) 2770; XXes.: a) 2162, b) 1408.
DÉR. 1. Plombique, adj., chim. [En parlant d'un anhydride du plomb ou de ses composés] Qui contient du plomb tétravalent. Acide, oxyde, sel, produit plombique. Les professions qui exposent au saturnisme utilisent le plomb, les unes à l'état métallique ou d'alliage, les autres à l'état d'un dérivé plombique (MACAIGNE, Précis hyg., 1911, p.312). []. 1re attest. 1838 (BERZELIUS, Lettre à Pelouze ds Ann. chim. et phys., t.67, p.303); de plomb, suff. -ique. 2. Plombiste, subst. masc., arg. des chasseurs. Petit, gros plombiste. Chasseur utilisant du petit, du gros plomb. [Parmi les chasseurs] on trouve enfin les petits plombistes et les gros plombistes (La Chasse, 1966, n° 229, p.24 ds ROB. Suppl. 1970). []. 1re attest. 1966 id.; de plomb, suff. -iste. 3. Plombure, subst. fém., beaux-arts. Ensemble des pièces de plomb constituant l'armature d'un vitrail (d'apr. BARB.-CAD. 1963). []. 1res attest. a) 1409 plommeure «ouvrage en plomb» (RUNK, p.46), 1514 plombeure (S. Maclou Arch. Seine Inf., ap. LABORDE, Emaux, 454 ds GDF.), b) XVes. plombure «vernis de plomb» (La Turbe des philosophes, ms. Ste-Gen., f° 49 v°, ibid.), c) 1881 «ensemble des pièces constituant la carcasse d'un vitrail» (CHABAT); de plomb, suff. -ure.
BBG. —BARB. Misc. 1 1925-28, p.46. —DAUZAT Ling. fr. 1946, p.325. —QUEM. DDL t.2, 7.

plomb [plɔ̃] n. m.
ÉTYM. XVe; plum, v. 1120; du lat. plumbum.
A (Du plomb).
1 Élément (symb. Pb; no at. 82; poids at. entre 206 et 208; dens. 11,3), métal mou, facilement fusible (327,4 °C), peu tenace, se laissant bien travailler et laminer, d'un blanc d'argent quand il vient d'être coupé, mais se recouvrant à l'air libre d'une pellicule d'oxyde grisâtre. || Plombs 206, 207 et 208, isotopes du plomb provenant de la désintégration radioactive de certains éléments (uranium 235 et 238, thorium 232).Plomb natif : minerai de plomb. || Gisement de plomb. Plombifère. || Plomb argentifère. || Principaux minerais (non radioactifs) de plomb (anglésite, cérusite, galène). || Calcination, coupellation du plomb. || Principaux dérivés du plomb : protoxyde de plomb (PbO) ou oxyde normal (dont il existe deux variétés, la litharge et le massicot); bioxyde de plomb (PbO2); oxyde salin (Pb3O4) ou minium; plombates (formés par dissolution du bioxyde de plomb, dans les bases); plombites (formés par dissolution de l'oxyde normal de plomb dans les lessives alcalines); sels plombiques (sels normaux de plomb correspondant au protoxyde : chlorure, sulfate de plomb, etc.).Sels de plomb utilisés dans l'industrie, spécialement pour la fabrication de peintures : blanc d'argent (carbonate de plomb pur), de Venise (carbonate de plomb et sulfate de baryum), de Hambourg, de Hollande…, céruse (hydro-carbonate basique de plomb), jaune de Cologne (chromate de plomb, sulfate de baryum et sulfate de calcium), minium, etc.Plomb tétraméthyle (P. T. M.), utilisé pour améliorer l'indice d'octane d'un carburant.
Dérivés du plomb utilisés en pharmacie. Saturne (extrait, sel de saturne), uve. || Intoxication par les composés du plomb (coliques de plomb, saturnisme). → ci-dessous Plomb des vidangeurs.
Lingot de plomb. Saumon. || Alliages à base de plomb. Potin, vaisselle (métal à vaisselle). || Le plomb et ses alliages servent à de nombreux usages dans l'industrie et dans la vie courante. || Chambres de plomb pour la fabrication de l'acide sulfurique. || Le plomb, qui absorbe énergiquement les rayons X, α, β et γ, sert à faire des écrans protecteurs contre ces rayons. || Caractères d'imprimerie faits d'un alliage de plomb, d'antimoine et d'étain (→ ci-dessous, supra cit. 5.1).
Essence sans plomb (opposé à plombé). Subst. masc. || Du sans-plomb ou du super ?
(Utilisé pour sa densité). || Fil à plomb (→ ci-dessous, B., 2.). || Grains de plomb d'un contrepoids. || Gourdin garni de plomb. Plombé. || Masse d'armes en plomb. Plombée, plommée. || Cercueil (cit. 1) de plomb. — ☑ Loc. fig. (Vx). || « Le paroissien en plomb » (La Fontaine, Fables, VII, 11), enfermé dans son cercueil de plomb.Couler, fondre le plomb. || Table à couler le plomb. Éponge. || Battre le plomb à froid avec une forge. || Chéneau, conduit, gouttière, tuyau de plomb. Plomberie, 1. plombier. || Alliage de plomb et d'étain employé pour la soudure. Liaison, soudure. || Matage d'une soudure en plomb. || Scellement en plomb. || Créneaux scellés de plomb (→ Archer, cit. 3). || Vitres à mailles (1. Maille, cit. 6) de plomb. Plombure. || Carreaux à résilles de plomb (→ Obscur, cit. 2). → ci-dessous, B., 6.
1 Les soleils couchants, qui colorent si richement la salle à manger ou le salon, sont tamisés par de belles étoffes ou par ces hautes fenêtres ouvragées que le plomb divise en nombreux compartiments.
Baudelaire, le Spleen de Paris, XVIII.
Statues de plomb qui ornaient les jardins.
Soldats de plomb : figurines de plomb représentant des soldats.
REM. L'expression soldats de plomb continue d'être employée pour désigner ces figurines, bien que, de nos jours, elles soient le plus souvent faites d'une matière autre que le plomb (alliage d'aluminium, matière plastique…). Le petit joue avec ses soldats de plomb.
Le plomb fondu. || On jetait du plomb fondu sur les assiégeants des châteaux forts (→ aussi Forteresse, cit. 1). || Supplice du plomb fondu (→ Huile, cit. 11).
2 Deux jets de plomb fondu tombaient du haut de l'édifice au plus épais de la cohue. Cette mer d'hommes venait de s'affaisser sous le métal bouillant qui avait fait, aux deux points où il tombait, deux trous noirs et fumants dans la foule, comme ferait de l'eau chaude dans la neige (…) Autour de ces deux jets principaux, il y avait des gouttes de cette pluie horrible qui s'éparpillaient sur les assaillants et entraient dans les crânes comme des vrilles de flamme.
Hugo, Notre-Dame de Paris, X, IV.
Le plomb servant à la fabrication des projectiles d'armes à feu (fusils, pistolets…). || Balle (1. Balle, cit. 7) de plomb. || Noyau de plomb d'une balle, recouvert de cuivre, d'acier, etc.
Vx ou littér. || Envoyer du plomb à qqn. Balle. || « Déjà d'un plomb mortel plus d'un brave est atteint » (Boileau).REM. Dans ce type d'emploi, le sens originel est premier, à la différence du sens collectif (du plomb) provenant de la valeur lexicalisée (un plomb); → ci-dessous, B., 4.
3 (…) comme le misérable, immobilisé, effaré, n'osait plus ni avancer, ni reculer d'une semelle, il le mit en joue. — Je t'envoie du plomb, si tu ne te dépêches pas (…)
Zola, la Terre, IV, III.
Le plomb, métal (cit. 3) vil, que les alchimistes essayaient de changer en argent, en or. Saturne.
4 À la même époque, Helvétius qui combat le dogme des spagiriques reçoit également d'un autre inconnu une poudre de projection avec laquelle il convertit un lingot de plomb en or.
Huysmans, Là-bas, VI.
Allus. littér. || « Comment en un plomb vil l'or pur s'est-il changé ? » (cit. 70, Racine), se dit parfois à propos d'un changement en mal, d'une dégradation.
2 Loc. compar. Tomber comme une masse de plomb. || Nageur qui coule à pic comme un morceau de plomb. — ☑ Fam. Nager comme un chien de plomb. — ☑ Son bras pesait comme du plomb (→ Hémiplégie, cit. 2).Ses mains étaient lourdes comme du plomb (→ 1. Lever, cit. 8).Figuré :
5 Privée du lustre rayonnant de ses yeux, toute cette littérature, ailée et dorée naguère, devenait maussade, saturnienne et lourde comme le plomb.
Baudelaire, Trad. E. Poe, Histoires extraordinaires, « Ligeia ».
3 (Autres substances; alliages, métaux). || Plomb blanc (vx) : étain; cérusite. || Plomb brûlé : massicot. || Plomb de mer : plombagine utilisée pour vernir les plombs de chasse.Plomb cendré, nom que les alchimistes donnaient au bismuth métallique. || Plomb sulfuré : galène.
Mine de plomb. Graphite, plombagine.
(1812). Alliage au plomb utilisé en typographie. || Le plomb des linotypes (cit.).Ensemble des caractères d'imprimerie. || Lire sur le plomb, sur la composition même (et non sur épreuves). || Le plomb d'un livre. Composition. || Détruire, garder le plomb.
5.1 Une brochure de Sartre saisie chez Julliard ! Le plomb a été détruit.
F. Mauriac, le Nouveau Bloc-notes 1958-1960, p. 34.
Par ext. La typographie traditionnelle (linotypie, etc.), par oppos. aux procédés de photocomposition. || Abandonner le plomb pour la photocomposition.
4 Par métonymie. || Plomb des vidangeurs : intoxication aiguë causée par le mélange gazeux qui se dégage des fosses d'aisances.Ces gaz (hydrogène sulfuré, vapeurs ammoniacales).
B (Un, des plombs; collectif : du plomb). Objet en plomb (ou en alliage à base de plomb).
1 N. m. pl. (1322). || Les plombs (vx, le plomb étant généralement remplacé de nos jours par le zinc), ensemble des plaques et des pièces de plomb qui entrent dans la couverture et les autres parties d'un édifice. Toit.
6 (Il) n'a pas encore payé les plombs d'une maison qui est achevée (…)
La Bruyère, les Caractères, XII, 80.
(XVIIIe, Rousseau). Hist. || Les plombs de Venise : les prisons situées au dernier étage du palais de Saint-Marc sous une toiture de lames de plomb. || Casanova réussit à s'échapper des plombs.
7 N'étant pas assez riche pour meubler cette cage digne des plombs de Venise, la pauvre femme n'avait jamais pu la louer.
Balzac, la Peau de chagrin, Pl., t. IX, p. 91.
2 (1530, plomb de sonde; « fil à plomb », XIIIe). (Un, des plombs). Masse de plomb attachée à l'extrémité d'une corde de manière à constituer une sonde.Syn. : plomb de sonde.
8 Chaque matin on sondait avec un plomb la hauteur des eaux, de peur que la Marie ne se fût trop rapprochée de l'île d'Islande.
Loti, Pêcheur d'Islande, III, X.
Fil à plomb. || « Voir avec un plomb si une muraille est droite, si elle est bien verticale » (Académie).
3 Loc. adv. À plomb (aplon, fin XIIe). Aplomb (d'aplomb). a À la verticale. || Mettre à plomb un mur, une pièce de charpente, la disposer verticalement. || « Cette muraille est à plomb. Tracer une ligne à plomb sur une muraille, sur un édifice » (Académie).
b Perpendiculairement (vx), verticalement (→ Agile, cit. 4). || Tomber à plomb (cf. À pic; à bloc).
9 (…) le vieux sol du Midi ne conserve presque plus d'arbres, et le soleil tombe à plomb sur la terre dépouillée par les hommes.
Mme de Staël, De l'Allemagne, I, I.
c Vx. À propos. || Remarque qui tombe à plomb.Tomber à plomb sur qqn, juste sur lui.
10 L'observation sur les villageois tombe à plomb sur les employés identifiés avec la nature au milieu de laquelle ils vivent.
Balzac, les Employés, Pl., t. VI, p. 954.
4 a (Av. 1606, Desportes). (Un, des plombs). Chacun des grains sphériques, faits de plomb durci par l'addition d'arsenic, qui servent à garnir une cartouche de chasse. || Des plombs de chasse (→ Couscous, cit. 1). || Des plombs crépitèrent sur l'eau (→ Coup, cit. 29). || Regroupement des plombs favorisé par le choke-bore. || Utiliser des plombs de gros calibre. Plombiste. || Recevoir des plombs, un plomb dans la fesse. — ☑ Loc. fig. Avoir du plomb dans l'aile. Aile (cit. 19.1 et 20).
b Collectif. (Du plomb, le plomb). L'ensemble des grains qui constituent la charge d'une cartouche, d'un fusil. Charge (→ Oiseau, cit. 9). || Cartouche à plomb. || Mesurer la charge de plomb d'une cartouche avec une chargette.Spécialt. || Du gros plomb. Chevrotine. || Menu, petit plomb. Cendre, cendrée, 1. dragée, grenaille, menuise.
c Petite masse de plomb servant à lester qqch.Spécialt (pêche). Chacun des grains, des morceaux de plomb qui lestent un bas de ligne, un filet.Collectif. L'ensemble de ce lest. Plombée. || Rajouter du plomb.
11 Naturellement je pêchais sans flotteur et sans plomb, plein de mépris pour ces aide-niais, qui ne servent que d'épouvantails.
Gide, Si le grain ne meurt, I, III, p. 75.
d (1718, un plomb « plomb fixé aux manches »). Chacune des petites rondelles de plomb qu'on fixe au bas d'un vêtement pour le faire tomber droit. || Mettre des plombs à un corsage, à une jupe, à une robe.
5 (1683; « sceau pontifical », XVIe). (Un, des plombs; surtout au plur.). Petit disque de plomb portant une marque, évidé pour le passage des deux extrémités d'une cordelette, d'un fil de métal…, qui sert à sceller un colis, à garantir la fermeture d'une porte, etc. Sceau, scellé. || Utilisation des plombs dans les douanes. || Vérifier les plombs. || Plomb d'un compteur d'électricité. || Mettre un plomb à la porte d'un wagon. Plomber.
6 Baguette de plomb qui maintient les verres d'un vitrail.
12 On y distinguait (sur le vitrail) un manteau d'écarlate et les deux ailes d'un ange. Tout le reste se perdait sous les plombs qui tenaient en équilibre les nombreuses cassures du verre.
Flaubert, Bouvard et Pécuchet, IV.
7 (1855, au sing.). Anciennt ou vx (ce genre d'installation étant devenu rare). || Les plombs : cuvette de plomb (ou d'un autre métal) placée à chaque étage d'un immeuble et qui sert à l'évacuation des eaux sales.
13 J'ai fait toutes les maisons meublées de la rue Dauphine, chassé de chacune par l'odeur des plombs ou le bruit des querelles.
J. Vallès, le Bachelier, IV.
14 (…) un escalier suffocant où plombs et latrines répandaient leurs épouvantables exhalaisons (…)
Léon Bloy, la Femme pauvre, I, II.
Fig. et argot. || Plomb : bouche. || « Ferme ton plomb ! » (Darien, in D. D. L.).
8 (1890, in P. Larousse, Deuxième Suppl). Fusible. || Encore un plomb de sauté (→ 2. Panne, cit. 5). || Remplacer les plombs.Par ext. || Les plombs : ensemble du dispositif qui contient les fusibles. Coupe-circuit.
15 (…) je suis remontée dans ma chambre et je me suis fait du thé sur mon réchaud électrique. Je le cache parce qu'il fait sauter les plombs une fois sur trois.
Sartre, la Mort dans l'âme, p. 58.
Loc. fig. et fam. Péter les plombs : perdre son contrôle, devenir fou (→ Disjoncter). || « Un cadre supérieur surmené se met à “péter les plombs” et (…) à semer la terreur dans Los Angeles » (le Monde, 6 mars 2000, p. 36). || « je ne savais pas que je lui faisais tellement d'effet. Il a vraiment pété les plombs » (Bertrand Blier, Existe en blanc, p. 231). || « Le tango, la nostalgie, il valait mieux arrêter. Je pouvais péter les plombs, avec ça, et j'avais besoin de toute ma tête » (Jean-Claude Izzo, Chourmo, p. 229).
C Loc. fig.
1 De plomb, en plomb, exprime l'idée de poids (sens propre), de lourdeur, d'accablement (sens figuré). || Avoir, se sentir des jambes de plomb, en plomb, lourdes. || Il se sent le « casque de plomb » sur la tête (→ Crâne, cit. 3). — ☑ Sommeil de plomb.Fam. (En parlant d'un homme). || Cul-de-plomb. Cul (cit. 12). — ☑ Chaleur, ciel (cit. 34), soleil de plomb (→ Dévorant, cit. 5; 1. exode, cit. 3).Pâtiss. || Galette de plomb : galette campagnarde non feuilletée.(1827). Vx. || Gâteau de plomb. Plum-pudding, rem. — ☑ Fig. || « Une ligue de toutes les sottises étend sur le monde un couvercle (cit. 2) de plomb » (Renan).
16 (…) l'humanité oublia le poids de plomb qui l'attache à la terre, et les tristesses de la vie d'ici-bas.
Renan, Vie de Jésus, XI, Œ. compl., t. IV, p. 205.
17 Parfois, dans la chaleur, un calme de plomb endormait les épis, une odeur de fécondité fumait et s'exhalait de la terre.
Zola, la Terre, III, IV.
2 (XIXe, Hugo). || De plomb : de couleur gris foncé, sombre. Plombé (2.). || Un ciel, des nuages de plomb.
3 Loc. fig. Du plomb dans la tête : de la réflexion, de l'équilibre. || N'avoir pas de plomb dans la tête : être léger, étourdi. || Mettre du plomb dans la tête de qqn, le rendre moins léger (→ Lester, cit. 3).
18 D'ailleurs, six ans de service militaire lui mettront du plomb dans la tête (…)
Balzac, Un début dans la vie, Pl., t. I, p. 738.
19 (…) ce garçon peut aller. Il lui manque un peu de plomb dans la cervelle.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. V, XXVII, p. 282.
4 Loc. adv. || À plomb (→ ci-dessus, cit. 9, 10 et supra).
5 Un plomb : une sensation de lourdeur (notamment dans le corps, l'estomac). → Faim, cit. 5. || Ce repas m'a laissé un plomb dans l'estomac.
DÉR. Plomber, plomberie, 1. plombier, 2. plombier, plombique, plombiste, plombure. — V. aussi Plonger, plumée.
COMP. Aplomb, plombémie, plombifère, surplomber.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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